Page 3 of 3

Sirius – Perspectives européennes

Depuis deux ans, le Monde des Possibles poursuit une réflexion sur le renforcement de ses activités au sein d’un modèle coopératif.  A titre d’exemple, le développement du service d’interprétariat social Univerbal https://projetuniverbal.wordpress.com atteste par la rémunération des prestations des interprètes (formés en 2016 via un soutien du Fonds Social Européen) dans les multiples langues des migrations sollicitées par les opérateurs liégeois (hôpitaux, associations, etc.) qu’un modèle économique est viable.  C’est cette trajectoire que nous visons également au sein du projet Sirius, convaincus qu’à terme, les stagiaires futurs coopérateur.trices détiendront des capacités humaines & techniques (technicien réseau / programmeur OOP / développeur web) qui répondront aux besoins notamment du secteur socioculturel (sécurisation des réseaux, protection des données, développement de sites internet, d’applications mobiles, plateformes collaboratives originales et articulées aux diasporas…).

L’inscription de Sirius (http://sirius.possibles.org) dans un écosystème collaboratif où se situe le Monde des Possibles en tant qu’association orientée depuis 15 ans vers la valorisation des compétences des personnes migrantes confirme l’idée que ce projet pourrait être à terme autoportant et autogéré par les personnes migrantes elles-mêmes.

Les flux migratoires sur l’Eurégio Meuse-Rhin, la proximité d’Aix-La-Chapelle et de Maastricht nous amènent de facto à penser le projet au-delà des frontières géographiques, dans une logique qui accompagne l’évolution des diasporas.  En cette session 2017, nous constatons que 22% des stagiaires sont issus de Syrie et ils/elles sont nombreux/ses à avoir de la famille dans d’autres pays de l’Union limitrophes ou non.   D’autres personnes de la session sont en revanche issues de contextes où elles n’ont pu bénéficier d’une instruction nationale de qualité et ont développé des stratégies d’apprentissages tout à fait inédites pour pouvoir se former aux langages de programmation (HTML/CSS/Javascript…).  Ces personnes migrantes alimentent un processus dynamique et complexe qui évolue en fonction des conjonctures internationales et opportunités nationales.  C’est un défi quotidiennement renouvelé pour Sirius que de s’adapter à ces évolutions et profils diversifiés d’apprenant.e.s.

  • La digitalisation d’une économie et la représentativité des personnes migrantes.

Le moteur des migrations qui nous concerne réside dans la recherche de travail en Europe, recherche qui rencontre souvent des discriminations à l’embauche ou des phénomènes comme l’ethnostratification du marché du travail.  C’est pour lutter contre ces écueils que l’implémentation d’une coopérative (à terme européenne) numérique de personnes issues des migrations est envisagée conjointement aux revendications portées pour une politique d’asile et migratoire respectueuse des droits fondamentaux.  C’est par une articulation entre la création de valeurs dans de nouvelles formes d’économies numériques, la répartition équitable des richesses entre coopérateur.trice.s et l’interpellation de la société civile sur l’apport des migrations (éducation populaire) que nous envisageons la participation et la représentativité des personnes issues des migrations au sein d’une coopérative et du corps social.  C’est dans la perspective de renforcer cette représentativité que nous développons les soft skills décrites dans ce guide méthodologique. 

Parce que la citoyenneté européenne ne doit pas être selon nous, réservée aux seuls ressortissants des pays membres de l’Union, nous souhaitons promouvoir l’émergence d’initiatives d’économie sociale et solidaire transnationales dans le champs des nouveaux métiers de la programmation pour soutenir de facto une intégration des migrations contemporaines.  Sirius en fait partie, mais Sirius interroge aussi la notion même d’intégration en questionnant les politiques d’asile et migratoires ; l’inadéquation par exemple des systèmes d’évaluation de compétences régis par des cadres normatifs et légaux qui ne laissent pas ou peu de place aux compétences non certifiées par un diplôme ou un contrat de travail européen.

Soulignons une perspective d’échanges formulée en octobre 2017 dans le cadre d’un appel à mobilités Erasmus+ qui soutiendrait la coopération entre l’école de codage Simplon à Paris https://simplon.co et la coopérative LESS à Naples http://www.lessimpresasociale.it   Perspectives qui mutualiserait les apports et spécificités de chaque opérateur dans les champs des langages de programmation travaillés avec des personnes éloignées du « marché du travail ».  L’articulation entre les soft skills et hard skills de Sirius en contexte interculturel constitue pour les stagiaires une opportunité d’insertion, de stage en milieu professionnel high-tech, un projet créatif numérique, dans une communauté locale dotée d’intelligences collectives qui répondra notamment aux besoins informatiques du secteur socioculturel dans les différentes régions concernées par la mobilité européenne, dont Liège.

  • Les droits fondamentaux des diasporas ; un quotidien politique.

 De par la nature même des origines de ses participant.e.s impliqué.e.s dans les diasporas eurégionales et des projets qu’elles portent dans l’Union, la dimension européenne de Sirius concourt à s’ouvrir aux partenariats transnationaux.  Par le traitement de différentes thématiques en lien avec le logement, la santé, l’emploi, la culture, la formation, les prémisses d’un site internet « pour et par les réfugiés » généré en Sirius 2017 constituent une clé de compréhension de la manière dont ils/elles pensent et désirent une intégration, une approche à multiples entrées pour une défense collective des droits fondamentaux (accès à un emploi/logement décent pour tous, une sécurité sociale renforcée, etc.).  Cet outil fait écho aux initiatives similaires portées par d’autres personnes migrantes en Europe.  Voir par exemple Bureaucrazy à Berlin – https://www.facebook.com/Bureaucrazy.de/

Là où il est situé dans le quartier Amercoeur-Longdoz à Liège, par son inscription dans une démarche d’économie sociale, Sirius tente donc humblement de questionner le social et le politique, l’économie numérique dans ses risques et enjeux.  De trouver une solution aux discriminations et violences dont sont souvent l’objet les personnes issues des migrations.  Solution qui puisse faire écho dans d’autres réalités territoriales en Europe. 

Une proposition de travail se situe :

  • dans le développement d’un réseau européen d’initiatives d’économie sociale portées par les personnes d’origine étrangère,
  • être en capacité d’en identifier les pratiques les plus significatives et porteuses en termes de plus-value sociétale,
  • Dans la vigilance à certaines dérives nationalistes des états membres qui neutralisent les effets de l’ESS.
  • dans le soutien de l’articulation avec les syndicats et fédérations d’employeurs dans leur pôle ESS,
  • dans le transfert de connaissances et pratiques entre les initiatives du réseau.
  • dans l’implémentation de stratégies nationales et européennes pour promouvoir l’ESS dans sa valorisation des flux migratoires.

Sirius au Parlement Européen

Nous étions invités ce 9/11 après-midi au Parlement Européen dans le cadre du Forum européen de l’économie sociale et solidaire (EFSSE 2017) afin de présenter deux projets développés au Monde des Possibles : Univerbal (service d’interprétariat social) et Sirius – Liège coding school (école de codage informatique). Ces deux initiatives se destinent à évoluer sous la forme de coopératives sociales reposant sur les principes suivants (source) :

  • L’autonomie de gestion par rapport aux pouvoirs publics.
  • La primauté des personnes et du travail sur le capital lors de la redistribution des bénéfices.
  • La finalité de service aux membres à la collectivité plutôt que le profit.
  • Un processus de décision démocratique.

Ainsi, engendrer des revenus grâce à la création d’une activité économie reposant sur un modèle alternatif à l’économie classique offre de nouvelles perspectives professionnelles aux personnes primo-arrivantes qui éprouvent généralement des difficultés à trouver un emploi.

En ce qui concerne le projet < Sirius – Liège coding school >, découvrez le cheminement dans lequel nous nous sommes engagés afin d’atteindre notre objectif, à savoir relier les thématiques de la migration, de l’économie sociale et des technologies numériques autour de la création d’une coopérative sociale numérique implantée à Liège :

Vivacité (RTBF) s’intéresse à nous !

Preuve que l’intérêt du projet < Sirius – Liège coding school > dépasse les murs du Monde de Possibles, plusieurs médias belges ont relayé notre projet à travers leurs canaux de communication respectifs. À commencer par Vivacité (RTBF), qui est venu sur place afin de rencontrer les stagiaires, formateurs et le reste de l’équipe. Le reportage a été diffusé le lundi 16 octobre dans le journal parlé de Liège Matin – 8h30.

Le 2 octobre dernier, jour de rentrée pour les bénéficiaires de la formation, nous avons reçu la visite d’une journaliste de la RTBF. Au micro de cette dernière, l’une de nos stagiaires a exprimé ses motivations d’intégrer le projet < Sirius – Liège coding school >. En Somalie, Amun a travaillé plusieurs années en tant qu’enseignante avant de devenir interprète. Son français est excellent, et son aide très appréciée dans la diaspora somalienne. Avant d’arriver en Belgique, elle a également travaillé dans le secteur de l’édition. En s’inscrivant à la formation Sirius, Amun voit la possibilité d’acquérir de nouvelles compétences en codage et développement web.

Le reportage s’arrête également sur Wassim. Cet ingénieur informaticien de profession exerçait à l’Université de Tishreen avant de quitter la Syrie. Wassim a donc rejoint l’équipe Sirius et porte désormais la casquette de formateur. Comme il l’explique, certains éléments de son parcours sont similaires à celui de nos apprenants, ce qui permet d’agir en connivence avec eux.

Découvrez le reportage ici : Alié, Bénédicte, 2017, « Une école de codage informatique pour les réfugiés résidant à Liège », RTBF, 16 octobre.

Première semaine de cours

Ils viennent de Syrie, d’Irak, du Liban, d’Afghanistan, du Burundi, du Djibouti, du Togo, de Mauritanie, de Guinée ou d’ailleurs. Depuis une semaine, des femmes et des hommes de tous horizons ont rejoint le programme < Sirius – Liège coding school >, une école de codage informatique basée dans le Longdoz, sur la rive droite liégeoise.

La phase promotionnelle du mois de septembre a manifestement porté ses fruits ! Les trois séances d’information organisées au sein du Monde des Possibles étaient combles, et nous avons réceptionné plus d’une soixantaine d’inscriptions. Qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, les publics visés ont clairement fait part de leur intérêt pour le projet Sirius. Le nombre élevé de candidatures reçues indique clairement qu’il existe une vraie demande de la part de ces personnes en termes d’acquisition de nouvelles compétences liées au numérique.

Au final, nous dénombrons une quarantaine de participants à cette première session d’octobre – novembre 2017. Afin de créer un environnement propice à l’apprentissage du codage informatique, quatre groupes ont été constitués. Notre intuition selon laquelle la création de petites entités favorise la cohésion du groupe semble déjà confirmée, puisque tous les participants ont rapidement trouvé leur place. Durant la première semaine de formation, les stagiaires ont eu l’occasion de s’initier au HTML, d’affirmer leur présence online grâce à la création de leur CV ou bien d’apprendre les rudiments de la robotique. De façon ludique, les exercices proposés permettent aux apprenants de stimuler leur imagination tout en s’ouvrant aux multiples possibilités qu’offre le numérique.

Parmi les 69 nationalités qui passent la porte du Monde des Possibles chaque semaine, l’équipe pédagogique est confrontée à différents niveaux en français et en informatique. Dès le départ, tout a été mis en place pour remédier à ce déséquilibre ! Le professeur de français langue étrangère qui se consacre au projet Sirius prépare actuellement un test de niveau afin d’adapter au mieux sa manière d’enseigner. Certains apprenants seront invités à suivre des cours de français niveau A1. Quant aux personnes qui présentent un niveau avancé, elles bénéficieront de cours plus poussés. Les concepts spécifiques à l’univers du développement web seront étudiés et approfondis à raison de deux heures par semaine. Depuis plus de quinze ans, le Monde des Possibles propose des cours de FLE et d’informatique à un public multiculturel. Afin de poursuivre la mission première de l’ASBL, il nous est apparu naturel d’inscrire Sirius dans cette double dimension langagière (langue française et langages informatiques).

L’autre axe sur lequel s’oriente notre action porte sur la dynamique de groupe et le développement des compétences collaboratives. Cette dimension a été initiée dès les premiers cours, notamment grâce à la mise en place d’exercices permettant d’identifier la nature des interactions entre les stagiaires. Apprendre à échanger, à partager les savoirs et savoir-faire, et surtout à collaborer : telles sont les principes insufflés aux différents groupes d’apprenants dès aujourd’hui. Pour rappel, l’objectif visé par le projet < Sirius – Liège coding school > est de créer une coopérative numérique autogérée par des personnes réfugiées. D’où l’importance d’apprendre à travailler en groupe au plus vite, tout en prenant connaissance des idéaux qui structurent l’économie sociale, l’entreprenariat et l’auto-gestion !

C’est la rentrée chez < Sirius - Liège coding school > !

C’est parti pour deux mois d’apprentissage du codage informatique au Monde des Possibles ! Le mois de septembre a été particulièrement intense et toute l’équipe consacrée au projet < Sirius – Liège coding school > a mobilisé toutes ses forces afin de recruter nos apprenants. De nombreux jeunes se sont déplacés dans les locaux de la rue des Champs, 97 (Longdoz) afin d’assister aux trois séances d’information organisées la semaine dernière. L’occasion était parfaite pour rencontrer nos futurs stagiaires, qui ont clairement manifesté leur engouement et exprimé leur souhait de participer au projet < Sirius – Liège coding school >. Au total, nous comptabilisons une cinquantaine d’inscriptions pour cette première session. Un véritable engouement, en somme !

Voici les quatre points cardinaux qui structurent notre programme de cours :

  1. HTML et CSS : toute personne intéressée de près où de loin au développement web a déjà entendu parlé du HTML (HyperText Markup Language) et du CSS (Cascading Style Sheets). Maîtriser ces outils permettra aux stagiaires de créer leur première page web. Après avoir intégré certains concepts généraux, les bénéficiaires de la formation réaliseront leur propre page statique sur laquelle reposera leur CV.
  2. Grâce à Javascript, les stagiaires apprendront à dynamiser la page préalablement créée. Contrairement à un page statique, un site web codé en Javascript permet d’animer et mettre à jour toute une série d’éléments sans avoir à recharger la page.
  3. Facile à prendre en main, WordPress est reconnu comme un système de gestion de contenu particulièrement efficace. Il permet de créer des plateformes esthétiques et fonctionnelles grâce à l’utilisation de thèmes préexistants. Les stagiaires de la première session < Sirius – Liège coding school > apprendront à utiliser WordPress afin de créer – tant au niveau technique qu’au niveau du contenu – une plateforme gérée par et pour les réfugiés. Celle-ci relatera l’actualité migratoire en Belgique et centralisera toute l’information utile à ces questions, en relevant par exemple les institutions belges ayant pour objectif l’aide aux personnes réfugiées.
  4. À l’instar de Javascript, PHP est un langage informatique qui permet de créer des sites web dynamiques. Sirius souhaite développer une plateforme pédagogique qui permettra aux stagiaires de récupérer les notes de cours. Favoriser l’accès à l’information via ce canal permettra aux apprenants d’approfondir leurs connaissances en développement web à domicile.
  5. Apprendre le développement web implique également de gérer du contenu multimédia. Après avoir créé la structure d’un site web, nous souhaitons que nos stagiaires puissent l’habiller en produisant des visuels de qualité. En s’initiant aux outils tels que Photoshop ou Illustrator, les participants seront en mesure de mettre en page des éléments graphiques et les intégrer sur les plateformes développées durant la première session Sirius.
  6. Outre l’apprentissage des langages informatiques, Sirius propose aux participants des cours de français orientés métiers du codage. Véritable spécificité du projet Sirius, nous sommes persuadés que cette combinaison entre langue et langages permettra à nos stagiaires de mieux s’intégrer au tissu socioprofessionnel local. Ces cours se complèteront par une réflexion sur la dynamique de groupe.

Renseignements supplémentaires :

04/232.02.92

Suivez notre actualité sur Facebook :

www.facebook.com/projetSIRIUS/